Asyl Stadtmuseum

Asyl Stadtmuseum

Diese Ausstellung erzählt die imaginäre Reise zweier Künstler_Innen mit traditionnellen afrikanischen Objekten. Die Stücke, die seit 50 Jahren im Münchner Puppenmuseum gelagert wurden, werden zum ersten Mal einem Publikum präsentiert. Den ursprünglichen Schock der Entdeckung dieser in Kisten gepackten Gegenstände wiederzugeben, ist die treibende Kraft dieser Ausstellung. Grundlage des künstlerischen Ansatzes ist die Entscheidung mit den klassischen Regeln der Darstellung in ethnographischen Museen zu brechen. Fragen zum historischen Kontext, sowie der Globalisierung und deren Folgen - Thema Rassismus, Religion, Politik - haben sich mit offensichtlicher Klarheit durchgesetzt.


Asyl Stadtmuseummischt die Kolonialgeschichte, die des gemeinsamen Erbes, mit autobiographischen Elementen, dokumentarischen und metaphorischen Erzählungen. Das Risiko, die Gegenstände nicht „zur Schau“ zu stellen, wird aus der Not heraus eingegangen, ihre Wahrnehmung, die man mit denen pflegt, neu schaffen zu wollen. Die Objekte laden uns zur ständigen Hinterfragung ein. Diese wirft uns auf unsere Demut vor dem Umfang der Aufgabe zurück: dem Wiederaufbau. Denn wir sind dazu verurteilt, uns ein Schicksal aus Blut und sonstigen Körperflüssigkeiten aus Schönheit, Hässlichkeit und dem Unbeschreiblichen  aufzubauen. (1)


Damit kommen wir zum Begriff der kollektiven Repräsentation. Wenn sie auch das Siegel der Beraubung, der aufgezwungenen Gabe, der transkulturellen Faszination tragen, strahlen die Gegenstände doch Kraft aus, durch ihre totale Mittellosigkeit. Der Vorschlag einer anderen Ästhetik, der dem Besucher unter das Joch stellt, scheint auf eine zeitgenössische Originalität, der Suche nach „einer neuen Verteilung der Sprache“ und nach einer „neuen Logik der Bedeutung“ (2) zurückgeführt werden zu können.

Was offenbaren diese Objekte in ihren Lebensräumen? Dass die Zeit der Verständigung endlich gekommen ist? Dass das Aufkommen eines ent-kolonialisierten Blickes möglich ist? Werden sie aber dem vorgesehenen Schicksal entkommen? Wiederholt sich die Geschichte als Tautologie?

Der Ausstellungsrundgang führt uns durch vier Räume. Die Initiationsreise zeichnet die Begegnung mit den Gegenständen und dem kreativen Prozess. In Curators curiosity spielen die Protagonisten mit den Ausstellungsformen ethnographischer Museen und interpretieren dieses neu. Der Kreis ist eine Allegorie des Traumas des gemeinsamen Erbes und eine Hinterfragung des Wir, anders gesagt des Bewusstseins. Rund um den Kreis, haben sie ein Asylum (3)gewählt, das Refugium im wörtlichen Sinn.Dieser Raum, der den Ausstellungstitel trägt, zeigt die Übergangssituation, in der die Objekte sich befinden. Er veranschaulicht den Ort der Diagnose und der Diskussion einer von seinen postkolonialen Avataren befreiten Zukunft.

Kann man das imaginäre Museum von Malraux als Prophezeiung deuten? Die dermaßen dekontextualisierten Objekte des Museums reaktivieren eine kollektive Amnesie, sie zwingen uns Antworten auf die Akkulturation zu finden. Denn der langsame, den Kulturschock wahrnehmende Prozess zwingt diese Zeit des Nachdenkens, des erneuten Lesens und der Entschlüsselung von neuen Regeln auf.
Dieser Vorschlag führt uns zur Begegnung mit den Objekten. Hier haben wir uns gewünscht, dass diese Begegnung ein glücklicher Zufall sei.

Stefanie Oberhoff und Pélagie Gbaguidi


(1)Anspielung Debra Linowitz-Wentz aus Les profils du théâtre de Nohant de

 

Georges Sand, Verlag AG Nizet, 1978, p.13.

 

(2)Achille Mbembe, Sortir de la grande nuit, essai sur l’Afrique décolonisée, Verlag La

 

découverte, 2010, p.10.

 

(3)Ort, wo man sich zurückziehen kann, um sich vor einer Gefahr zu schützen: einen sicheren Hafen finden

 

 (4)André Malraux, Psychologie der Kunst - Das imaginäre MuseumRowohlt Taschenbuch Verlag, Hamburg, 1957


Asyl Stadtmuseum

Cette exposition raconte la traversée imaginaire de deux artistes avec des objets traditionnels africains. Entreposés depuis 50 ans dans le musée de la marionnette de Munich, ces pièces sont montrées pour la première fois au public. Restituer le choc initial, à savoir l’expérience émotionnelle qu’a suscitée la découverte de ces objets emballés dans les caisses constitue l’axe moteur de l’exposition. De même, le choix partisan d’être en rupture avec les codes classiques de représentation des musées ethnographiques est au fondement de l’approche artistique. Les questions liées au contexte historique et à la globalisation se sont imposés avec une évidente acuité, ses prolongements dans des aspects liés au racisme, au religieux, au politique.

Asyl Stadtmuseum mêle la grande histoire coloniale, celle de l’héritage commun à des éléments autobiographiques, des récits documentaires et métaphoriques. Prendre le risque de ne pas « exhiber » les objets procède d’une urgence particulière à réinventer la perception que l’on entretient autour d’eux. Ces objets nous invitent à des perpétuelles interrogations qui nous renvoient à notre humilité face à l’ampleur de la tâche : reconstruction. Car nous sommes condamnés à bâtir un destin mêlés de sang, d’humeurs, de beauté, de laideur, d’indicible. (1)

On touche ici à la notion de représentation collective. S’ils reflètent aussi le sceau de la spoliation, du don forcé, d’une fascination transculturelle, ensemble les objets dégagent une force dans leur dénuement total. La proposition d’une autre esthétique qui met en joug le public semble dicté par une originalité contemporaine, la recherche d’ « une nouvelle redistribution du langage » et d’ « une nouvelle logique du sens ». (2)

Que nous révèlent ces objets dans leurs habitats ? Que le temps de la concertation est enfin venu ? Que l’émergence d’un regard décolonisé est possible ? Echapperont-ils cependant au destin auxquels ils étaient promut ? L’histoire se répète-t-elle comme une tautologie ?

Le parcours de l’exposition est une déambulation composée de quatre espaces. Le voyage initiatique suggère la rencontre avec les objets et le processus créatif. Dans Le curators curiosity les protagonistes se jouent de la monstration dans les musées ethnographique et le réinterprète. Le cercle est une allégorie du traumatisme de l’héritage commun et un questionnement sur le Nous, ou autrement dit la conscience. Autour du cercle l’inconscient collectif est le territoire où les objets ont pris place. Ils ont choisie l’Asile (3), le refuge au sens littéral. Ce périmètre qui porte le titre de l’exposition, révèle la situation de transition dont font état ces objets. Il représente le lieu du diagnostic et de la discussion d’un avenir libérateur des avatars post coloniaux.

 

Peut-on interpréter le musée imaginaire de Malraux comme une prophétie (4), tellement dé-contextualisés les objets du musée réactivent une certaine amnésie collective ; ils nous poussent à trouver des réponses à l’acculturation. Car le processus lent et initiatique qui tient compte du choc des cultures impose ce temps de la réflexion, de la relecture et du déchiffrage de codes nouveaux.

Cette proposition nous amène à leur rencontre. Ici nous avons voulu que la rencontre soit un hasard heureux.

Stefani Oberhoff et Pélagie Gbaguidi

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(1)Évocation à Debra Linowitz Wente dans Les profils du théâtre de Nohant de Georges Sand, Ed AG Nizet, 1978, p.13.

(2)Achille Mbembe, Sortir de la grande nuit, essai sur l’Afrique décolonisée, Ed La découverte, 2010, p.10.

(3)Lieu où l'on peut se réfugier pour être à l'abri d'un danger, d'un besoin, etc. ; refuge, retraite : trouver asile chez quelqu'un.

(4)André Malraux, "Le Musée Imaginaire" (1947), Gallimard, Paris, 1965, (coll. Folio).



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